Comment PRAXIS va-t-il aider à augmenter le potentiel de revenus d'une forêt ?

L'exploitation d'une forêt est la manière évidente et dominante dont les humains ont exploité les forêts. Cependant, de multiples exemples montrent qu'il existe d'autres façons de tirer de la valeur des forêts.


La forêt de châtaigniers (Castanea sativa) de Corse, d'une superficie de 20 000 hectares, est une illustration des plus convaincantes d'un modèle viable et productif vieux de 600 ans. Le châtaignier est endémique en Corse, mais c'est à partir du XIIe siècle que la culture du châtaignier se matérialise. La Corse, qui est alors gouvernée par Pise entre 1077 et 1299, intègre des techniques agricoles toscanes. L'arbre bénéficie d'incitations à la plantation à partir du XVe siècle. Les montagnards vivent alors de la culture des céréales et de l'élevage. Le gouverneur, le 28 août 1548, signe une ordonnance obligeant les propriétaires et les fermiers à "planter chaque année quatre arbres fruitiers, figuier, olivier, mûrier et châtaignier, sous peine d'une amende de trois livres pour chaque arbre non planté". A partir de ce jour, dans la région de la Deçà des Monts (l'actuelle Castagniccia), les cultures céréalières disparaissent rapidement.


La forêt de châtaigniers de Corse fournit du bois de chauffage, du matériau de construction ; ses châtaignes nourrissent les hommes et un nombre important de porcs sauvages dont les Corses produisent de la charcuterie. Outre le miel et les champignons, la forêt constitue un moyen constant et autonome de production de valeur économique matérielle.


C'est ce que Green PRAXIS vise à reproduire : définir un écosystème durable comprenant un ensemble de productions à haute valeur ajoutée, à entretien limité ; écologiquement durable.


Exemples de productions que Green PRAXIS expérimente ou expérimentera dans un avenir proche (* indique une expérimentation déjà en cours)


Miel de Manuka * : miel à haute valeur ajoutée (300 $/kg au détail) aux propriétés médicinales. Deux variétés de Manuka (alias arbre à thé) ont été plantées mais des alternatives locales existent et sont également essayées. (Le myrte est un cousin de l'arbre à thé).


Les truffes : Les truffes (Tuber melanosporum) sont originaires de la région. La France produisait 800 tonnes métriques par an. Aujourd'hui, elle n'en produit plus que moins de 100 tonnes par an. Elles sont très demandées et valent plus de 1 300 dollars le kilo.

Régénération naturelle assistée : technique de restauration des terres peu coûteuse et durable, utilisée pour lutter contre la pauvreté et la faim en augmentant la production de nourriture et de bois, ainsi que la résilience aux extrêmes climatiques. Elle implique la régénération et la gestion systématiques d'arbres et d'arbustes à partir de souches, de racines et de graines.

Production de fruits forestiers * : Planter des arbres capables de produire des fruits avec une intervention humaine limitée ou nulle. Parmi ces arbres, citons l'alisier (Sorbus torminalis), l'aubépine (Crataegus monogyna), l'arbousier (Arbustus unedo), l'amélanchier (Amelanchier vulgaris) ou encore l'argousier (Hippophae rhamnoides).

Champignons : Les morilles (Morchella esculenta) et autres types de champignons coûteux sont connus pour être "ensemencés" dans le sol de la forêt. Des essais systématiques peuvent être réalisés pour créer une culture autonome.

Séquestration du carbone et crédits de CO2 * : Maximiser le potentiel de séquestration du carbone de la forêt en plantant des arbres mieux adaptés aux nouvelles conditions climatiques.


Cette liste est incomplète et un vaste ensemble d'expérimentations complémentaires est en cours d'évaluation.


Quelques-unes des actions déjà en cours :



Plantation de cèdres de l'Atlas, mieux adaptés pour résister à des conditions plus sèches et plus chaudes.



Plantation de fruits forestiers - Fraisier protégé par un filet en plastique destiné à éloigner les chevreuils et les sangliers.




Baie d'amélanchier



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